Alors
qu’il y a deux ans encore les directions générales et les éphémères
directions e-business semblaient vouloir confisquer le pouvoir aux
directions informatiques, force est de constater qu’aujourd’hui les
DSI font l’objet d’une toute autre attention. Leur place, et leur
poids, dans l’accompagnement de la conduite stratégique de
l’entreprise sont manifestes.
Lentement,
mais sûrement, la compréhension du rôle des systèmes
d’information, de la valeur ajoutée intrinsèque contenue dans une
information fiable, pertinente et disponible, progresse dans
l’entreprise. D’ailleurs, les programmes d’enseignement supérieur
intègrent aujourd’hui la présentation des meilleures pratiques en
matière de gestion des systèmes d’information.
Les
DSI intervenant à cette table ronde ont tous souligné le rôle
primordial que tient désormais l’informatique dans la stratégie de
l’entreprise. « Le système d’information fait partie des
leviers forts de développement de l’entreprise et de
l’harmonisation des processus », a insisté un intervenant.
La maturité des technologies permet aujourd’hui au DSI d’aborder la
gestion des systèmes sous un angle plus « industriel ».
Un des objectifs est ainsi de réaliser les économies d’échelle
tant au plan du fonctionnement de la production (mutualisation des systèmes)
que de l’investissement. « Nous avons créé un
groupement d’achat qui nous a permis de
gagner 150 millions d’euros sur nos investissements »,
a expliqué un DSI. C’est un fait, les DSI se posent aujourd’hui en
véritables gestionnaires et déclarent faire la chasse aux doublons,
notamment avec des projets nés
d’initiatives personnelles dans
les divers services de l’entreprise. « Rationalisation »,
« optimisation », « globalisation », « management »
sont devenus les maîtres
mots pour le directeur des systèmes d’information.
La
gestion du changement, l’organisation de l’entreprise, la compréhension
des enjeux métiers, prennent de plus en plus de poids dans le rôle de
la DSI. Les résultats de l’étude « 1er observatoire
de la communauté des directeurs des systèmes d’information » réalisée
par Kearney Interactive et
SAP auprès de 200 DSI français et présentée lors de cette table
ronde met en exergue ces évolutions : Ainsi 64% des DSI sont
totalement impliqués dans les décisions relatives aux projets métiers.
Quant aux principaux axes de progrès prioritaires cités par les DSI
ils sont pour 35% d’entre eux la mise en place de bonnes pratiques
d’organisation (services partagés, externalisation, délégation…),
pour 22% la rationalisation des
portefeuilles projets et pour 19% l’urbanisation du système
d’information. « Les
DSI ont définitivement gagné leurs galons de dirigeants dans les
entreprises », expliquent les auteurs de l’enquête.
Aujourd’hui 49% des DSI font partie du comité de direction des
entreprises.
Des
défis toujours…
Parmi les nombreux défis à relever par la DSI, les participants
s’accordent sur l’impérieuse
nécessité de tirer la valeur ajoutée des technologies de
l’information pour servir les objectifs de l’entreprise. Cette quête
de valeur et de retour sur investissement revient comme un leitmotiv
chez les DSI. Parvenir à une maîtrise tant financière que
technologique. Si la maturité du « back office » a été
obtenue grâce à l’avènement des ERP, reste aujourd’hui pour
beaucoup de DSI à relever le challenge de l’intégration des
processus et du « front-office » en particulier. Bien que la
DSI soit sans conteste devenue un acteur clé dans l’accompagnement du
changement au sein de l’entreprise, elle doit aussi
plus que jamais réfléchir à sa propre évolution
organisationnelle. En effet, les contraintes les plus fortes auxquelles
sont soumises les DSI sont, comme
le rappelle l’enquête Kearney Interactive/SAP, la disponibilité du
budget (59%) et la disponibilité des équipes (52%).
Le grand défi pour le directeur informatique (comme pour
beaucoup de managers des autres services de l’entreprise) est donc de
devoir faire plus… avec moins.
Ils
ont dit :
« le DSI doit être un support, un homme d’appui qui
apporte des idées »
« Toute stratégie d’entreprise ne peut se faire sans la
DSI »
« La durée du changement de culture des utilisateurs peut
prendre plusieurs années »
« Il faut savoir tirer parti des projets qui se font sans la
DSI. Il y a une pédagogie de l’échec »
« C’est la fin des cathédrales. Des systèmes qui
mettaient des années à se construire on est passé aux centres
commerciaux ancrés sur la réalité et les besoins »