Les
temps changent ! Les sirènes technologiques ont laissé un goût
amer à ceux qui ont eut la faiblesse de tout prendre pour argent
comptant. Aujourd’hui, les DSI sont de plus en plus appelés à
discuter avec leur direction générale. Non plus de Linux, de SGBD ou
autre TCPIP, mais de comptes d’exploitation, de rentabilité, ou de
retour sur investissement… Pour la première fois, ils doivent donc
faire plus, et même mieux, avec moins. Plus question dans ces
conditions de dépenser sans compter. L’heure est à l’optimisation,
la rentabilisation, et même la réutilisation des systèmes
d’information.
Une étude
du Gartner Group révèle que 60 % des entreprises ont revu leur budget
« Hi Tech » à la baisse. Au premier trimestre 2002 les
investissements informatiques des entreprises auraient ainsi décliné
de 7% en Europe, et de 8% aux Etats-Unis. Certes, les DSI dépensent
toujours. Mais avec plus de discernement, et avec des attentes bien précises.
Leurs premières motivations concernent désormais les gains
d’efficacité fonctionnelle (35% d’entre eux), les problèmes liés
à l’augmentation du chiffre d’affaires (35%), et les problématiques
liés à la réduction des coûts (30%). Pour atteindre ces objectifs,
sans déroger aux nouvelles contraintes budgétaires, un remaniement en
profondeur des services et des systèmes informatiques s’impose.
Briques
fonctionnelles
C’est
ainsi que les DSI de grands groupes tentent de définir, et de mettre en
place en interne, un véritable catalogue de prestations. Cette démarche
présente de nombreux avantages. Elle permet tout d’abord, en
facturant leurs interventions à l’ensemble des entités de
l’entreprise, de transformer les services informatiques en de véritables
« business unit », dotés de leur propre compte
d’exploitation, et donc capable de maîtriser leurs coûts.
De
plus, ce découpage des prestations en une multitude de « briques
fonctionnelles », entraîne une standardisation des différentes
applications informatiques d’une entreprise. Diminuant ainsi non
seulement leurs coûts de développement, d’implantation, et de
maintenance. Mais permettant également leur réutilisation lors de
nouvelles implantations.
Enfin,
l’élaboration d’un tel catalogue clarifie la responsabilité des
DSI. Ainsi, dans le cas d’envolée des coûts informatiques, il sera désormais
possible de savoir si celle-ci résulte du simple maintien de l’outil
dans un état de performance optimal. Ou si elle découle de développements
spécifiques -donc hors catalogue- imposés par le business afin de se
lancer sur de nouveaux marchés.
Premiers
pas vers l’infogérance
Mais ce
catalogage systématique des prestations informatiques s’avère également
comme une bonne occasion pour le DSI, de faire l’état des lieux de
son organisation. De séparer les applications stratégiques pour son
entreprise, de celles qui ne le sont pas. Afin de décider s’il peut
avantageusement remplacer certains logiciels « maisons »,
par des produits du marché. Ou même, une fois son service transformé
en une véritable SSII interne, négocier au mieux le passage à
l’infogérance. Cette externalisation résultera dans ce cas d’une véritable
décision stratégique, et non pas d’une démission. Et
l’affranchira de tout risque de perte de maîtrise de son outil
informatique.
Ils
ont dit
« On peut
être à la fois bâtisseur, et coupeur de coûts ! »
« Tous
les sites industriels qui fonctionnaient jusqu’alors en « centres
de coûts » indépendants en matière de système d’information,
sont devenus des clients de notre service informatique centralisé. Ceci
nous a permis de chiffrer d’une manière globale ce poste budgétaire. »
« Nous avons dû démontrer notre capacité à être de véritables
gestionnaires, ce qui n’était pas jusqu’alors notre première
qualité. »
« Nous considérons
désormais l’informatique comme un business à part entière, avec un
véritable compte d’exploitation. »
« La direction générale est satisfaite, car je peux désormais
lui présenter des comptes d’exploitation. »
« Nous voulons créer à terme, une véritable SSII interne ! »
« Nous avons découpé notre système d’information en
briques, puis l’avons fait communiquer autour d’un bus applicatif,
avant de remplacer petit à petit nos logiciels « maisons »
par des produits du marché. »
« Dans notre catalogue, nous avons mis l’accent sur la
rationalisation des services
qui sont le plus utilisés. Ce sont eux qui permettront
de réaliser les plus grosses économies. »
« Notre plus grand levier en matière d’économie est
celui de la standardisation des applications. »
« Notre
seul objectif ? Faire en sorte que l’ensemble du personnel
utilise les systèmes d’information. L’on ne doit pas opposer les
DSI avec les autres fonctions de l’entreprise. »
« Un DSI maître d’ouvrage entraîne obligatoirement un
conflit d’intérêt avec le business au sein de l’entreprise. Par
contre, nous devons avoir un rôle d’assistance à la maîtrise
d’ouvrage. »
« Notre catalogue de service est le même dans les 14 pays où
nous sommes implantés. Comme les budgets sont bâtis au travers de ces
catalogues, la consolidation se fait très rapidement. »